Chiffres de l’emploi : les inquiétudes du chômage structurel… avant le rebond en 2015 ?

Mardi 27 janvier, on va découvrir que la barre très symbolique des 3,5 millions de sans-emploi a été franchie l’an dernier en métropole. Ce chiffre inquiète surtout parce qu’il repose sur deux tendances qui semblent s’incruster dans notre paysage.

Les chiffres de l’emploi révélés hier ont eu une forte portée symbolique : le seuil des 3,5 millions a encore été dépassé… établissant un sombre bilan pour cette année 2014, selon l’aveu même du ministre du Travail, François Rebsamen. Les raisons de ce fléau se précisent tous les mois, qu’elles soient structurelles ou conjoncturelles.

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Des blocages structurels à l’emploi des jeunes et des quinquas

2014 aura été une année de poursuite de la croissance…du chômage.

Ce dernier n’a pas épargné de catégories mais a surtout frappé ceux qui ont pourtant fait l’objet de plusieurs plans.

Le chômage des jeunes, encore et malgré tout

A la fin 2014, malgré les efforts constants du Gouvernement et des institutions européennes, la France subit toujours l’augmentation de l’inactivité de ses jeunes. Augmentation limitée mais pas d’inversion de la courbe avec une  +0,5% de chômage chez les jeunes, et ceux malgré les désormais fameux emplois d’avenir.

L’exclusion des seniors

L’économie et les entreprises françaises continuent malheureusement à se priver de l’expérience des 50 ans et plus. La culture du départ anticipé, de la pré-retraite et la frilosité des recruteurs y sont pour beaucoup.

En 2014, le résultat est alarmant puisque cette catégorie a subi +11% de chômage et que 43% des seniors-chômeurs sont au chômage depuis plus d’un an.

Conjoncture économiques versus action permanente des pouvoirs publics 

En plus des mesures spécifiques aux jeunes, le Gouvernement avait déjà prévu un plan de lutte contre le chômage des seniors en juin 2014. Malheureusement, il semble s’être confronté à une conjoncture économique toujours négative.

Le Gouvernement aurait-il des raisons de se montrer optimiste ? On commence à le dire. En effet, plusieurs paramètres laissent entrevoir une éclaircie sur la météo de l’emploi.

L’indicateur du climat des affaires conçu par l’INSEE reste stable et penche même vers un retournement favorable.

La baisse de l’euro et du prix du pétrole pourraient permettre à la zone euro, et au premier rang à la France, de retrouver une compétitivité globale de ses productions et donc faire redémarrer l’activité et l’embauche. Cette tendance devrait d’ailleurs se renforcer, l’euro continuant de chuter avec les résultats électoraux en Grèce.

Si on y ajoute, les plans d’investissement européens prévus par Jean-claude Juncker, nouveau président de la Commission européenne, et les efforts européens en matière d’emploi pour les jeunes notamment, l’espoir peut revenir.

http://www.medias24.com/chro151883L-Europe-en-quete-d-emplois.html

Preuve supplémentaire s’il en fallait d’un théorème constant : seule la conjugaison de mesures publiques et de résultats économiques tangibles peut avoir une conséquence directe sur le front de l’emploi.

Deux questions subsistent pourtant.

Premièrement, la croissance dépassera t’elle seuil fatidique de 1,5% qui est défini comme le seuil minimal pour produire de l’emploi ?

Deuxièmement, nos jeunes et nos seniors vont-ils s’emparer de ces nouvelles formes d’emploi qui leur permettraient de se raccrocher au marché de l’emploi ? Franchiront ils le Rubicon, comme des millions de nos voisins, de créer leur propre activité, de passer par le portage ou par une coopérative d’activité plutôt que par une forme d’emploi classique ?

A 2015 d’y répondre.

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Baromètre des TPE : quelles intentions d’embauche chez les entrepreneurs ?

Le Baromètre des TPE réalisé par l’IFOP mesure tous les trimestres la confiance des chefs d’entreprises de 0 à 19 salariés qui représentent 97% des entreprises françaises. La dernière vague sur octobre-novembre-décembre 2014 donne des résultats importants à analyser.

Seulement 6% des employeurs de TPE souhaitent recruter

C’est le chiffre qui ressort des résultats de cette étude. Seuls 6% des chefs de ces TPE souhaitent recruter. Pourtant, au trimestre précédent (juillet-aout-septembre 2014) 12% des patrons de TPE ont effectivement recruté. Les secteurs les plus touchés par ce recul de l’intention d’embauche sont le BTP et l’hôtellerie.

Plus globalement, 92% des chefs des TPE considèrent que les mesures prises depuis trois ans pour retrouver l’emploi sont inefficientes. Pour autant, ils ne sont pas très convaincus des propositions du MEDEF ou de la CGPME et restent convaincus que la suppression des 35 heures est une priorité.

Baromètre TPE Embauche

Pour l’avenir, ils sont sceptiques sur l’effet des réformes prévues. Ainsi, interrogées sur la loi Macron et l’assouplissement potentiel des 35 heures, seulement 27% estiment que le Gouvernement ira au bout.

Sur ce point particulier des 35 heures, ces décideurs souhaiteraient revaloriser le salaire des employés qui accepteraient d’augmenter leur durée de travail. L’utilisation des heures supplémentaires serait également envisagée par une majorité des employeurs. En revanche et assez nettement, ils ne pensent pas embaucher une ou plusieurs personnes en cas d’assouplissement des 35 heures (69%).

Quelle forme d’emploi choisie par les TPE qui recrutent ?

Comme tous les trimestres, les patrons de TPE sont interrogés pour connaître la forme d’emploi qu’ils choisissent pour recruter ou renforcer leurs ressources humaines.

Pour cette vague de fin 2014, on retrouve des mouvements importants :

  • Les recrutements en CDI restent faibles à 36%
  • Les CDD et intérim chutent fortement à 44% contre 60% des recrutements début 2014
  • Les contrats d’apprentissage connaissent une forte croissance passant de quasiment 0% début 2014 à 15%  fin 2014, certainement l’effet des annonces des pouvoirs publics
  • Les contrats aidés eux restent à un taux identique de 5% des recrutements dans les TPE

Le Baromètre fait également un zoom sur les fins de contrat. Ainsi au sujet des CDI, la rupture conventionnelle confirme qu’elle est installée comme la forme la plus récurrente de fin de contrat (4 fins de contrat sur 10). Au dernier trimestre 2014, le licenciement aura été choisi par 35% des chefs d’entreprise pour se séparer d’un de leur employé. La démission ne représentant qu’un cas sur 4 de fin de contrat.

Plus globalement, TPE, PME, ETI et grands groupes confondus ne sont pourtant pas dans une situation si noire. En effet, notamment concernant les cadres, le classement des intentions de recrutement réalisé par le magazine challenges offre des perspectives intéressantes.

Pour en savoir plus, consultez l’article de Challenges : Emploi : les secteurs qui vont embaucher en 2015

Un retour de demande des entreprises qui correspond bien à une offre de ressources qui revient également. En effet, selon le baromètre Cadremploi-Ipsos de septembre 2014, 45% des cadres se disent prêts à saisir de nouvelles opportunités… avec ou sans portage salarial.

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