| L'intérêt de ce point
de vue est que le 'compagnon' va pouvoir se créer
une vraie clientèle en fonctionnant comme une
véritable entreprise, établissant ses
propres devis et négociant ses missions. La
différence est que c'est nous qui allons facturer
ces prestations, en y incluant toutes les charges
patronales, les garanties, les primes d'intempéries,
les congés payés, etc. Le compagnon
garde ainsi tous les avantages d'un travail salarié
– les points de retraite et ses droits aux Assedic
notamment – alors qu'il perd tout cela en créant
sa propre entreprise. Enfin, comme nous sommes également
une société du BTP, nous utilisons nos
compagnons pour nos propres chantiers.
Comment est déterminé ce salaire
?
Le salaire est fonction du chiffre d'affaires HT.
Si par exemple le compagnon a signé 10.000
euros HT de chantier sur quatre mois, avec les devis
correspondants, il touchera en salaire environ 50%
de cette somme, soit environ 5.000 euros net sur quatre
mois, une fois toutes les charges, primes, frais professionnels
et frais de gestion pris en compte. Comme nous sommes
la seule société de portage spécialisée
dans le bâtiment (Il y a environ 150 sociétés
de portage tous secteurs en France, dont une est également
spécialisée dans le bâtiment.
NdR), nous sommes agréés et agissons
dans le cadre de la convention collective du bâtiment.
Ainsi non seulement le compagnon évolue dans
le cadre légal du salariat habituel mais en
plus nous prenons en compte la garantie décennale,
ses frais de chantier et de déplacement et
nous garantissons la logistique administrative. Ainsi
le salarié peut se consacrer entièrement
à sa prestation, tant en terme de prospection
que de réalisation.
C'est tout l'intérêt de notre concept
de portage vertical. Nous nous adressons uniquement
à des gens qui ont une relation avec le bâtiment,
du maçon à l'informaticien, du maître
d'œuvre au maître d'ouvrage. Ainsi un cadre
d'une entreprise externalisée peut par exemple
reprendre contact avec ses clients et poursuivre une
activité. Mon rôle est d'expliquer aux
compagnons l'impératif de contrats de mission
bien préparés en amont. Par exemple
un marché négocié à 2.000
euros HT ne représente au final, une fois toutes
les charges prises en compte, qu'un revenu de 700
euros net auquel il faut ajouter l'indemnité
de congés payés versée par la
Caisse du bâtiment et qui représente
un salaire de 10 % du salaire annuel versé.
Il s'agit d'un concept nouveau. Les artisans
ou acteurs du bâtiment sont-ils réceptifs
?
Alors que la société est jeune –
elle a été créée il y
a deux mois seulement – nous comptons déjà
une trentaine de compagnons parmi nous et nous recevons
une ou deux demandes d'agrément par jour. Ils
viennent nous rejoindre principalement par le bouche
à oreille mais aussi par notre site Internet
(www.btp-services-plus.com) ou par le guide du portage.
Nous avons d'ores et déjà un délégué
à Lyon et un autre en Région Pays de
la Loire, là d'ailleurs où le marché
de la construction se porte très très
bien. Ce n'est pas si difficile pour nous de convaincre
car nous ne sommes pas, j'insiste, une société
de conseil mais un centre de gestion officiel et une
véritable entreprise du BTP.
Que se passe-t-il quand le chantier ou la
mission du compagnon se termine ?
Quand le contrat de mission se termine, le compagnon
retrouve ses droits aux Assedic, voire les conserve
s'il ne dépasse pas le plafond de 70% du salaire
de référence en 136 heures. Dans le
cas d'un dépassement exceptionnel de ce pourcentage
de 70%, nous pouvons par ailleurs lisser au mieux
de l'intérêt du compagnon le salaire
sur deux mois par exemple. Et si quelqu'un dépasse
régulièrement ce pourcentage, il récupère
ses droits aux Assedic après une période
de sept ou huit mois avec un nouveau calcul voire,
devenu suffisamment solide, il peut créer son
entreprise et ne plus avoir besoin de nous. Les compagnons
sont en effet propriétaires de leurs clients,
de leurs factures. Ils peuvent créer leur société
sur des bases solides en s'appuyant sur un compte
d'exploitation réel et non fictif à
n+1 ou n+2.
Le flou juridique autour de votre activité
n'est-il pas rédhibitoire?
Ce n'est rien moins qu'un nouveau mode de travail.
J'ai moi-même travaillé 25 ans dans le
bâtiment, en tant que directeur commercial dans
différents groupes puis en tant que gérant
d'une société de BTP. J'ai ensuite créé
une entreprise de portage généraliste.
Je me suis vite aperçu que le gros problème
des sociétés de portage multi secteurs,
la très grande majorité des entreprises,
était la difficulté d'offrir une convention
collective à ses salariés qui soit en
rapport avec son activité professionnelle.
En effet, comment faire quand on s'adresse indifféremment
à un ingénieur, un coiffeur, un webmestre
ou un sociologue? Du coup la législation française
ne reconnaît pas le portage salarial mais l'admet,
sans accord juridique. Difficile pour l'Etat de faire
autrement puisque plus de 10.000 salariés sont
aujourd'hui 'portés' en France, loin cependant
de l'Angleterre ou l'Allemagne qui, chacune, en compte
dix ou quinze fois plus. Tout simplement parce que
personne ne s'est préoccupé de ce type
de situation d'un point de vue institutionnel. Rappelons
cependant que la situation était identique
il y a 20 ans au début de l'implantation des
sociétés d'intérim. Il a fallu
10 ans pour que l'intérimaire dispose d'un
contrat de travail et d'une convention collective.
Nous nous battons actuellement pour obtenir une telle
reconnaisse et sécurité juridique.
Quels sont les coûts de votre service
?
Les frais de gestion oscillent entre 10 et 12% du
C.A., avec des tarifs dégressifs. Il faut comparer
ce coût avec le temps que passerait l'artisan,
ou son épouse, à remplir tous les papiers
administratifs, les calculs de TVA, etc. tout en prenant
le risque, s'il est indépendant, de gager tous
ses biens. L'indépendant, ou le gérant
d'une SARL, n'a pas de point de retraite, de congés
payés et doit de toutes façons payer
un expert-comptable. Tout bien considéré,
nous pensons donc que notre offre est équilibrée.
Le compagnon 'salarié' qui a besoin
de main d'œuvre pour un chantier peut-il embaucher
dans ce cadre ?
Si le compagnon doit embaucher pour un chantier,
nous allons salarier ces ouvriers mais le compagnon
doit s'assurer avoir bien 'vendu' leur travail car
ils seront payés sur son C.A. En général
les compagnons embauchent des gens qu'ils connaissent
déjà et connaissent bien leur métier.
Nous n'avons à ce jour jamais eu de problèmes
en ce domaine. Enfin, nous payons les achats de matériel
quand l'artisan a reçu 40% d'avance à
la commande ou en fonction de l'avancement des travaux.
Et nous nous occupons de récupérer l'argent
en cas de chèque sans provisions par exemple.
Pus d'informations sur le site :
www.btp-services-plus.com
Téléphone : 0 820 821 339
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