La Fédération Nationale
du Portage Salarial tire le signal d’alarme
: la France peut-elle prendre le risque de passer
à côté du potentiel réel
du portage salarial, en tant qu’outil de
retour à l’emploi et de création
d’activité ?
En effet, malgré tous
les efforts des représentants de la profession,
l’orientation actuelle des négociations
entre les partenaires sociaux risque d’aboutir
aux conséquences suivantes :
- L’exclusion de la plupart des métiers,
sauf prestations intellectuelles et formation
!
- L’exclusion de toutes les activités
ne permettant pas d’atteindre un salaire
mensuel d’au moins 2 600 € !
- L’exclusion de toutes les personnes
dont les activités ne permettent pas
de financer les charges supplémentaires
du statut cadre !
- La définition d’un portage organisé
avant tout comme une solution transitoire, au
détriment de tous ceux qui y trouvent
au contraire un statut stable et sûr pour
pérenniser leur activité, et qui
représentent près de 50 % des
portés actuels !
- La dénaturation du portage salarial
par le mélange des genres avec l’intérim
qui pourrait ainsi s’exonérer des
contraintes du champ d’application limité
du travail temporaire.
En réservant ce statut
à « l’élite »,
en le confiant à l’intérim
et en imposant des règles centrées
sur un usage temporaire, ces orientations font
craindre les résultats suivants :
- A long terme, et malgré ses atouts
reconnus en matière de sécurité
et de flexibilité, ces modalités
limiteront de fait le développement du
portage à environ 50 000 personnes en
France. Au contraire, toutes les statistiques
actuelles (demandeurs d’emploi, création
d’entreprise, auto-entrepreneur, travail
des seniors) tendent à démontrer
que le portage s’adresse à une
population de plus de 500 000 personnes !
- A court terme, cela risque d’obliger
à la fermeture de nombreuses sociétés
de portage qui interviennent valablement depuis
des années hors du périmètre
pris en compte. Ces entreprises représentent
pourtant un maillage indispensable du territoire
national en permettant à plusieurs milliers
de portés de vivre de leur métier.
Ces portés devront-ils cesser leur activité,
ou n’auront-ils comme seule échappatoire
que de se tourner vers d’autres statuts
plus précaires ? Quid également
des salariés permanents de ces entreprises
?
- A court terme également, de très
nombreux candidats au portage risquent de se
détourner des avantages de ce statut
par manque de confiance. En effet, l’exercice
du portage dans les sociétés d’intérim
induit un conflit d’intérêt
évident : là où une société
de portage est au service du porté sans
aucune ambiguïté, que dire de la
société d’intérim
dont la démarche est avant tout au service
du client final ? De qui défendra-t-elle
les intérêts lors d’une négociation
? Comment garantira-t-elle au porté qu’elle
ne touchera pas à sa clientèle
? A terme, cette dénaturation profonde
du portage salarial, qui a pourtant fait ses
preuves depuis 20 ans, pourrait conduire tout
simplement à sa disparition.
Dans ce contexte, la FeNPS ne peut qu’exprimer
sa profonde inquiétude, non seulement pour
les entreprises qu’elle défend, mais
également pour l’ensemble des personnes
qui risquent de se voir ainsi interdire l’accès
au portage salarial comme tremplin vers l’emploi
ou la création d’entreprise.
Or, en s’appuyant sur plus de 10 ans d’expérience
de ses adhérents, la FeNPS a élaboré
un projet de réglementation dont elle tient
à rappeler ici les principales orientations.
Celles-ci visent à garantir la sécurité
de ce statut pour tous ses acteurs, à commencer
par le porté lui-même :
1. L’autonomie
du porté
Le portage salarial est basé sur l’autonomie
du porté dans la commercialisation
et la réalisation de ses prestations.
C’est « LE » point fondateur
de la spécificité du portage
: le porté choisit librement sa clientèle,
négocie les modalités et la
tarification de ses interventions et réalise
ses prestations de manière autonome.
Dès lors, la possibilité d’intervenir
en portage ne se définit en premier
lieu ni par le métier, ni par le statut
cadre, ni par le type de clientèle,
mais par la réelle autonomie du porté.
2. L’exclusivité
de l’activité de portage
Le portage salarial doit impérativement
être pratiqué dans une structure
dont il est l’activité exclusive,
afin de garantir au porté :
- Que sa clientèle ne sera pas détournée
à d’autres fins,
- Que la société de portage
sera bien à son service avant tout,
et non au service des clients,
- Que le portage n’ouvrira pas la porte
à des abus visant à du placement
de personnel ou à de « l’embauche
» à bon compte.
3. Des principes
de rémunération adaptés
Le porté négocie lui-même
le prix de ses prestations et son mode de
rémunération doit en tenir compte
: s’il est évidemment souhaitable
que des minima sociaux soient définis
pour éviter les abus, il faut qu’ils
soient réalistes et adaptés
aux spécificités du portage,
pour éviter d’exclure des activités
pourtant viables en portage.
4. Un contrat de
travail cohérent
Le portage salarial pouvant être aussi
bien un statut durable qu’une solution
transitoire vers un retour à l’emploi
ou la création d’entreprise,
il est souhaitable de pouvoir utiliser le
CDI comme le CDD suivant le cas.
Le CDI est évidemment à privilégier
pour des activités pérennes
ou des prestations successives. D’autant
qu’il offre une sécurisation
stable du porté, y compris pendant
sa prospection entre deux prestations.
Le CDD reste néanmoins un cadre adapté
à des missions ponctuelles.
5. Une garantie des salaires
Afin de sécuriser le salaire du porté,
une solution de garantie financière
est à étudier, en alternative
ou en complément avec le Fond National
de Garantie des Salaires, auquel évidemment
les sociétés de portage salarial
cotisent déjà.
Sur ces bases, la FeNPS souhaite poursuivre les
échanges avec les acteurs représentatifs
de la professiont, dans la démarche constructive
qu’elle a toujours manifestée malgré
les tentatives de récupération par
la branche de l’intérim.
A propos de la FeNPS
La Fédération Nationale du Portage
Salarial (FeNPS) représente 70% des entreprises
de portage syndiquées, avec plus de 100
agences et établissements en France. Elle
accompagne 16 000 salariés générant
près de 50% du chiffre d’affaires
de la profession avec une progression de 20% par
an.
Ses adhérents sont signataires de la Charte
d’éthique du portage salarial qui
garantit la sécurité juridique et
financière des portés.
La FeNPS se compose d’une structure élue
avec un Conseil d’administration de 14 membres,
un bureau de 6 membres et d’une structure
permanente animée par un délégué
général.
Président : Baudouin des Courtils (dirigeant
de la société Abscisse Partners)
Délégué général
: Jacques Gosselin
Plus d’informations sur www.fenps.fr |