Un service essentiel du Portage
dont la durée ne peut être fixée arbitrairement
Parmi les fonctions indispensables du
Portage Salarial,
il y a la transition professionnelle : aujourd’hui un
salarié -et un cadre a fortiori- doit conduire sa carrière
au travers de 4 à 8 entreprises environ. Les différents
passages de l’un à l’autre ne sont pas
toujours fluides et des périodes de chômages
consécutives aux ruptures s’intercalent nécessairement.
A titre d’exemple, ITG qui vient de fêter ses
quinze années d’existence voit chaque semaine
revenir des consultants qui avaient repris un CDI après
quelques mois de missions. Or, un nouveau licenciement les
ayant touchés, ils rejoignent ce qui est devenu leur
« famille transitionnelle » pour aménager
cette période entre deux postes. Ainsi, ils vont
pouvoir maintenir leur employabilité en enrichissant
leur expérience et renforcer leur autonomie en mobilisant
ce qu’ils ont capitalisé de DIF pour se former.
Ils poursuivront également leur recherche d’emploi,
de manière active, si telle est leur orientation
car, les missions sont souvent l’occasion de pouvoir
saisir des opportunités de l’intérieur
même des entreprises auprès desquelles ils
interviennent.
C’est dans ce sens que le Portage
est couramment jugé comme étant une formule
précieuse qui doit être rattachée
au salariat pour assurer une continuité de statut
indispensable.
Aujourd’hui, c’est 58 % des consultants inscrits
chez ITG qui sont concernés par ces transitions.
La transition professionnelle n’est
cependant pas limitée aux demandeurs d’emploi
entre deux postes, elle concerne aussi les quinquas en rupture
d’emploi et qui n’auront que peu de chance d’être
embauché avant leur retraite. C’est surtout
vrai pour les plus de 55 ans qui devront faire la jonction
avec la date prévue de liquidation de leurs droits.
Là aussi le Portage est essentiel, il représente
souvent une planche de salut enviable et assure une continuité
de cotisations qui renforce la future pension.
Ce positionnement du Portage
a du sens pour les personnes mais aussi pour nos responsables
politiques dont certains voudraient pourtant limiter ce
statut à trois ans.
Dans ces deux cas, pourquoi la limite serait-elle de trois
ans et non pas simplement la sortie naturelle de la personne
qui a atteint son objectif ? Vouloir règlementer
sans tenir compte de l’intérêt réel
des citoyens est-ce raisonnable ?
Reste 42 % de portés dont l’objectif est tout
autre. Il s’agit pour ceux là de créer
leur activité. Or, ils y parviennent plutôt
bien puisque, chez ITG, ces 42% ont plus de 4 clients et
plus de quatre ans de présence. C’est au sein
de ceux là qu’on trouvera l’essentiel
des créateurs d’entreprises. Ils représentent
1/3 de cette population.
Ceux qui ne créent pas d’entreprise resteront
chez ITG car ils n’ont pas choisi d’être
seuls mais d’être autonomes. Ils ne veulent
pas non plus gérer eux-mêmes leur charge administrative
ou se priver d’un numéro de formateur pour
exercer leur talent pédagogique. Dans une entreprise
comme ITG, ils bénéficient du référencement
de l’entreprise auprès des grands donneurs
d’ordre. Ils ne peuvent se résoudre non plus
à ne plus profiter des facilités de formation
offertes par ITG et à n’avoir plus accès
aux facilités de trésorerie qui font que leur
salaire est versé avant paiement des factures d’honoraires
par les clients…
Pourquoi chercherait-on à sanctionner ces personnes
en décidant qu’elles sont condamnées
à sortir de la communauté confortable qu’elles
contribuent à faire grandir après trois ans
? Si l’autonomie est recherchée par ces générations
nouvelles qui veulent que le rapport au travail évolue,
c’est une chance pour notre pays et pour notre droit
du travail : le lien de subordination tel que défini
dans son acception la plus stricte - celle vécue
par nos pères - est sommé d’évoluer.
Le Portage dans ce débat n’est qu’un
épiphénomène. Si la situation devait
rester bloquée de nombreux soubresauts viendraient
l’ébranler. La simple promesse : travail stable
contre obéissance, n’est plus crédible.
Aujourd’hui quelque soit l’emploi, l’implication
de chacun dans son devenir au travers du futur de l’entreprise
est devenue un horizon incontournable dont il va bien falloir
traiter un jour très prochain.
Roland Bréchot
Directeur Général de l'Institut
du Temps Géré
¹ Droit Individuel à la
Formation. Aujourd’hui le DIF est dit « portable
» ce qui veut dire que les droits résiduels
peuvent être mobilisés sous certaines conditions
après rupture d’un contrat de travail.
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