Les micros-entrepreneurs face à la crise

Publié le 11/06/2021

La France comptait à la fin de l’année 2019 près de 3,6 millions d’indépendants. Parmi eux, la moitié sont des micro-entrepreneurs. Depuis le début des années 2000, le nombre de travailleurs indépendants n’a cessé de progresser. Alors qu’ils représentaient 7% des emplois (hors agriculture) en France en 2004, ils ont franchi, en 2018, la barre des 10%. Cette progression pourrait-elle s’arrêter avec la crise ?

C’est la question que s’est posée l’association AJIS (Association des Journalistes de l’information sociale) lors d’une table ronde le 15 avril dernier.

Pierre Burban (U2P) explique alors que si le régime des micro-entrepreneurs a un tel succès, c’est qu’il est « très très simple » pour les personnes qui se lancent. « Dans toutes les périodes de crise, et ce n’est pas nouveau, depuis les années 1970, on a toujours eu une montée de l’activité avec des personnes qui perdaient leur emploi, mais qui avaient envie de travailler et de choisir leur activité » ajoute-t-il.

Pour François Hurel, président de l’Union des Autoentrepreneurs, la crise plaide pour la nécessaire mise en œuvre d’un socle minimum universel, qui soit le même pour tout le monde, attaché à l’individu plutôt qu’aux statuts.

La CFDT, même si elle s’adresse davantage aux salariés, était également présente par la voie de Marylise Léon. Celle-ci s’est notamment exprimée sur la difficulté des micro-entrepreneurs d’accéder aux informations et aux aides. « Lorsque les pouvoirs publics imaginent des aides aux entreprises, les indépendants ne sont pas intégrés dans les réflexions. Quand ils sont intégrés, ils sont vus comme des extraterrestres : il y a de vraies difficultés d’adapter et de trouver des solutions qui répondent vraiment à leurs besoins. ».

La Fédération Nationale des autoentrepreneurs, représentée par son président Grégoire Leclercq, s’interroge quant à elle sur la pertinence du « plan indépendant ». Ne croyant pas à un « grand soir », il craint que l’on utilise ce plan « pour ressortir de vieilles lunes ». Il reste ainsi à l’heure actuelle de nombreuses difficultés à régler quant au fonds de solidarité, à la fin des PGE, … « Un nouveau plan est pour moi totalement anachronique ».



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