Marketplaces : la plateforme de LinkedIn dédiée aux freelances

Publié le 02/09/2021

LinkedIn, réseau social bien connu des professionnels, devrait lancer à l’automne une nouvelle plateforme baptisée « Marketplaces » destinée à mettre en relation freelances et clients. Ce projet a été dévoilé par le média d’investigation The Information, citant deux sources proches du dossier.


LinkedIn, un atout de Microsoft


Lorsqu’en 2016, Microsoft acquiert LinkedIn pour 26 milliards de dollars, une partie des investisseurs critiquent cette décision : le business model du réseau social n’est pas jugé très clair. Pourtant, en 2018, LinkedIn génère 5,3 milliards de revenus pour Microsoft. En 2020, LinkedIn représente 6% du chiffre d’affaire de Microsoft et compte plus de 740 millions d’utilisateurs à travers le monde : on estime le gain pour la firme à près de 30 dollars pour chaque utilisateur actif au moins une fois par mois.

Selon Alexa, LinkedIn est le 52ème site le plus visité au monde durant les 90 derniers jours. Chaque personne passe en moyenne 10 minutes et 45 secondes sur le site, et parcourt un peu plus de 8 pages.


Marketplaces, une suite logique pour Microsoft


Selon The Information, ce service, qui serait lancé en septembre, devrait permettre de trouver des freelances, des développeurs d’application, des comptables, … Marketplaces devrait permettre à chacun de conclure une transaction jamais sans quitter la plateforme.

Ce service ne serait pas totalement nouveau pour Microsoft. Depuis 2015, LinkedIn travaille sur ProFinder, un projet permettant aux entreprises de trouver les travailleurs indépendants dont elles ont besoin.

Microsoft s’est également rapproché de UpCounsel en 2019, une start-up de mise en relation entre avocats et entreprises. Il semblerait d’ailleurs, si l’on en croit son compte LinkedIn, que le fondateur d’UpCounsel soit en charge du développement de ce nouveau service de Microsoft.

Le lancement de Marketplaces est une mauvaise nouvelle pour Fiverr ou Upwork, leaders sur ce marché. Ceux-ci ont généré l’an dernier environ 550 millions d’euros de chiffre d’affaires à eux deux. Ces derniers n’ont pas fait de commentaire quant à l’information révélée par le site d’investigation. De manière indirecte, le développement de MarketPlaces pourrait impacter également Facebook. La firme de Menlo Park développe de son côté un service de mise en relation axé sur le travail en présentiel, avec notamment la réparation d’objets à domicile.

Si la pandémie a vu bondir l’utilisation des produits Microsoft (Office 365, Teams, Cloud Azure notamment), le choix de l’entreprise américaine est probablement guidé par le développement de la « gig economy » (en français, l’économie des petits boulots). Selon les prévisions de Statista, le nombre de personnes travaillant dans ce secteur devrait augmenter d’un tiers aux États-Unis durant la prochaine décennie.


Un projet qui en appelle (probablement) d’autres


Le fait de devoir rester sur le site pour traiter l’ensemble du processus induit plusieurs questions.

La première d’entre elles porte sur le paiement du service. A l’heure actuelle, Microsoft dispose de Microsoft Pay, un système de paiement permettant notamment d’enregistrer ses cartes de crédit. Néanmoins, il s’agit ici de pouvoir déposer et transférer de l’argent vers son propre compte en banque.

On pourrait également imaginer qu’une partie de l’argent reste sur la plateforme, afin de rémunérer des créateurs de contenus. Alors que, depuis quelques années, Linkedin emploie 75 journalistes écrivant dans une dizaine de langues, c’est bien à la partie LinkedIn Learning à laquelle il est fait référence ici.

En effet, cette dimension tend à se développer et plus de 16 000 cours sont ainsi disponibles sur la plateforme à l’heure actuelle. Les freelances pourraient ainsi se voir accompagnés dans le développement de leurs compétences afin de faire croître leur activité.



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