Portage salarial : portrait des entreprises du secteur

10/12/2023

Il y a quelques mois, nous définissions 3 grandes catégories d’acteurs sur le portage salarial en France : les groupes spécialistes du portage, les entreprises de portage indépendantes et les entreprises rattachées à un groupe qui se positionne de façon transversale sur de la prestation RH et du placement. Cette catégorisation mériterait sûrement d’être réinterrogée aujourd’hui suite tant le secteur évolue rapidement. Nous profitions de la publication du dernier rapport de branche du portage pour dresser un portrait de l’entreprise de portage salarial française (EPS).

 


Depuis l’encadrement législatif du dispositif (ordonnance + convention collective), nous constatons une augmentation rapide de la création d’entreprises de portage salarial. On peut légitimement se demander si ces nouveaux entrants ont des profils similaires aux entreprises historiques ou si au contraire nous risquons d’observer une rupture avec les informations publiées lors des derniers rapport de branche.


 

93 % des entreprises de portage salarial sont des PME

En 2020 (dernières données Insee disponibles lors de la réalisation du rapport de branche 2023), 93 % des entreprises de portage françaises sont des PME (57 % ont moins de 50 salariés et 36 % ont entre 50 et 249 salariés).

 

 

La répartition des entreprises du secteur selon leur tranche de chiffre d’affaires confirme cette première impression. En effet, 97 % des EPS réalisent moins de 10 millions d’euros de chiffres d’affaires.

 

 

Attention toutefois, pour réaliser le rapport de branche, La Faabrick Cherdet a transmis à l’Insee une liste de Siren identifiées comme des entreprises de portage. L’Insee a ensuite fourni des données agrégées qui ont servis de base pour la production du rapport.

Or, la plupart des groupes de portage sont structurés en plusieurs entités (donc plusieurs SIREN). Certains groupes possèdent ainsi plus d’une vingtaine d’entreprises suite à des rachats / fusion ou à une organisation par secteur d’activité (par exemple une filiale pour l’IT, une filiale pour le management de transition, une filiale pour la formation …).

Les chiffres présentés surestiment probablement légèrement le pourcentage de PME sur le secteur.

 

Un nombre important de créations d’entreprises de portage salarial depuis 2017

Le rapport de branche nous permet de connaître la répartition des EPS selon leur année de création. On remarque ainsi que près d’un tiers des EPS ont été créées en 2017 (année où la convention collective du portage salarial est étendue) ou après.

 

 

Les entreprises historiques (plus de 10 ans d’existence) résistent bien puisqu’elles représentent encore 33 % du total en 2020.

 

54 % des entreprises de portage sont domiciliées en Île-de-France

Notre précédent article mettait en avant la répartition des salariés portés selon leur lieu de résidence. 60 % des salariés portés résident hors de l'Ile-de-France faisant ainsi du dispositif un outil puissant de la politique d’emploi dans les territoires.

On constate que la répartition des entreprises de portage françaises est davantage concentrée puisque 54 % des EPS sont domiciliées en Île-de-France. La région Occitanie (9 %) et les région Auvergne-Rhône-Alpes (8 %) complètent le podium.